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ZHENG He, un explorateur hors normes... Les expéditions maritimes de Cheng Ho | Au début de l'époque des Ming se situe un événement historique d'un grand intérêt: les expéditions maritimes de Cheng Ho (1371-1435). Un siècle avant Colomb, la Chine des Ming eut un illustre devancier en cet amiral dont les jonques géantes, cinq fois la taille de la caravelle Santa María, sillonnèrent les océans jusqu'au Moyen-Orient, l'Afrique, voire plus loin… Ces expéditions constituèrent un événement exceptionnel, pour plusieurs raisons. En effet, si les Chinois avaient fait en matière navale de grandes découvertes (boussole, gouvernail), ils n'avaient pas maîtrisé la construction proprement dite; les gigantesques jonques qui restaient fragiles et peu sûres. Cheng Ho est récemment sorti des livres d'histoire de la marine chinoise pour devenir une figure en vogue de la presse internationale.
Tout a commencé quand un historien anglais a clamé la légitimité de l'Amiral Cheng Ho pour avoir découvert en premier la majorité de la planète dès le milieu du 15e siècle et pour avoir gagné les Caraïbes 72 ans avant Christophe Colomb. Peu importe si les travaux de cet historien changeront le contenu des livres d'histoire ou si le nom de l'explorateur devient tout à coup un nom mondialement célèbre, en Chine Cheng Ho a depuis toujours été considéré comme le premier navigateur des océans.
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|  La vie de Zheng He: Un changement de nom ... |  Zheng He, habituellement traduit par Cheng Ho en occident, est né vers 1371 d'une famille du peuple Hui qui vivait dans, aujourd'hui la province du Yunnan, sud-ouest de la Chine, et il s'appelait alors Ma He. De confession musulmane, le grand-père et le père du garçon firent un très long pèlerinage à la Mecque. Ce voyage participa largement à l'éducation atypique du jeune Ma. Il grandit en parlant arabe et chinois, apprenant beaucoup sur la géographie et les coutumes occidentales.
A l'âge de 13 ans, son destin bascula quand il fut attrapé, castré et placé comme servant dans la maison du Prince Zhu Di de la dynastie des Ming (1368-1644). Il se montra un excellent servant et put apprendre les Arts de la guerre et de la diplomatie et finit par servir dans l'armée de son Prince comme officier. Après sa reconversion au bouddhisme, le nom de Zheng lui fut attribué ainsi que le nom religieux " San Bao "qui signifie " 3 trésors ".
Zheng He, dont on dit qu'il mesurait 2m27, devint plus puissant quand Zhu Di détrôna l'empereur Yong Le pour prendre sa place en 1402. Le nouvel empereur, considéré comme usurpateur, tenta de redorer son image en envoyant sur les mers des flottes spectaculaires pour ramener des ambassadeurs étrangers à sa Cour. Il prit également le contrôle du commerce outre-mer en imposant un monopole impérial sur toutes les transactions. En 1403, il nomma Zheng He Amiral et l'ordonna de superviser la construction d'une flotte gigantesque pour parcourir et explorer les mers autour de la Chine, appelée la flotte des Trésors.
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|   Des jonques jusqu'en Afrique !Le grand départ a lieu le 11 juillet 1405 du port de Longkiang, à l'embouchure du Fleuve bleu, le Yang Tsé Kiang (ou Changjiang). Deux cents navires emportent - si l'on en croit les chroniques - 27.800 personnes : marins, soldats, mais aussi interprètes, médecins, savants,... Toujours selon les chroniques, le vaisseau amiral, le plus grand de tous, aurait 140 mètres de long et 58 de large, avec 12 mâts et une jauge de 1500 tonneaux... Ces dimensions font passer la Santa Maria de Christophe Colomb, longue de 28 mètres, pour une coque de noix... mais paraissent très exagérées ! Si elles surpassent en taille les caravelles et les caraques occidentales, ces jonques n'ont pas leur maniabilité. Elles ne louvoient pas et naviguent obligatoirement vent arrière. Pour cette raison, elles ne peuvent sortir de la zone des moussons, attendant d'une saison à l'autre que les vents s'orientent dans l'un ou l'autre sens.
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|  Les sept expéditions de l'amiral | 
- Dans sa première expédition, la flotte des Trésors se rend jusqu'au sud de l'Inde et atteint l'île de Ceylan (Sri Lanka). Elle établit les premiers contacts avec les royaumes locaux.
- Une deuxième expédition en 1407-1409 consolide ces implantations côtières. Cheng-ho fait dresser des stèles à Calicut, Cochin et Ceylan afin de confirmer les liens de ces États avec l'empire des Ming.
- Cheng-ho repart aussitôt pour une troisième expédition en 1409-1411 vers le Siam, Malacca et l'île de Ceylan, où il inflige une défaite militaire à l'armée royale.
- En 1413-1415, Cheng-ho s'embarque avec 30.000 hommes pour un quatrième voyage jusqu'au golfe Persique, en vue de ramener les pierres précieuses qui font la réputation de la ville arabe d'Ormuz.
Une partie de l'expédition profite de l'occasion pour explorer les côtes de l'Afrique orientale jusqu'aux environs de Zanzibar. On ne se lasse pas d'imaginer ces contacts sans lendemain entre l'Afrique noire et l'empire Ming ! L'expédition rentre à Nankin avec des représentants d'une trentaine de royaumes, tous porteurs de tributs pour l'empereur de Chine.
- Un cinquième et un sixième voyage ont lieu dans les mêmes régions de la péninsule arabe et de la côte africaine des Somalis en 1417-1419 et en 1421-1422.
Mais la mort de l'empereur Yong-lo en 1424 et l'intronisation de son fils interrompent le cycle des expéditions. La Chine commence à se détourner de la mer comme l'illustre le transfert de la capitale, de Nankin, sur la côte méridionale, à Pékin, au milieu des steppes du nord... Une septième et dernière expédition est organisée en 1433 par le petit-fils de Yong-lo, l'empereur Xuande (Zhu Zhanji), en vue de restaurer des relations pacifiques avec les royaumes du Siam et de Malacca, dans le Sud-Est asiatique. Une partie des navires se rendent de Calicut à Djeddah, le port de La Mecque, en Arabie. La trace de Cheng-ho se perd à ce moment. Après sa mort, les empereurs Ming renoncent aux explorations maritimes bien que celles-ci eussent atteint leurs objectifs et contribué au rayonnement international de la Chine et au développement de son commerce. Cheng-ho lui-même a laissé de tels souvenirs en Asie du Sud-Est qu'il y est encore par endroits divinisé sous le nom de Sanbao miao. Sous la pression des lettrés confucéens, qui croient assurer de la sorte la tranquillité de la Chine, les empereurs se replient à l'intérieur de leurs frontières... Mauvais calcul. En agissant ainsi, ils laissent la Chine démunie face aux agressions des Mandchous et des Japonais ainsi qu'aux appétits des marchands européens.
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|   Les outils de navigation La flotte des Trésors de Zheng He fut le véhicule des dernières technologies et innovations disponibles à cette époque. Ses voyages transportèrent les connaissances chinoises avancées sur la navigation hors de Chine. La flotte utilisait le compas inventé en Chine au 11e siècle pour la navigation. Les marins expérimentés connaissaient les difficultés de naviguer sur les océans, en particulier la difficulté de lire le compas correctement pendant un mauvais temps. Les marins chinois ont alors placé le compas à l'intérieur d'une capsule remplie d'eau, ainsi sans se préoccuper des oscillations du bateau le compas gardait une certaine stabilité et pouvait être lu. Des bâtons d'encens gradués étaient brûlés pour mesurer le temps. Un jour était égal à 10 " tours de cadran " de 2,4 heures chacun. Les navigateurs chinois déterminaient la latitude en repérant l'étoile du Nord (Polaire) dans l'hémisphère nord, ou la Croix du sud dans l'hémisphère sud. Les bateaux de la flotte communiquaient entre eux en utilisant les drapeaux, lanternes, cloches, pigeons voyageurs et banderoles. Inspirés par la structure à plusieurs chambres d'une tige de bambou, les Chinois ont aussi inventé les parois étanches pour leurs vaisseaux. Les constructeurs de bateaux chinois avaient réalisé la taille titanesque de leurs vaisseaux qui empêcherait de les manoeuvrer avec facilité ; ils installèrent alors un gouvernail mobile qui pouvait se monter ou se baisser, créant ainsi une stabilité supplémentaire.
Aujourd'hui, Zheng He est quasiment inconnu en occident, mais est la fierté de toute l'Asie. Il y a plus de 30 reliques culturelles trouvées en Asie qui relatent les voyages de l'Amiral. |
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